Rapport Tenzer: que retenir

Comme tous les rapports, celui que Nicolas Tenzer a remis en mai 2008 ne représente qu’un point de vue et n’est ni une bible, ni le point de vue du gouvernement. Il n’exprime que la vue de son auteur et présente en outre la faiblesse – ou l’avantage – d’être le fait d’une seule personne, à défaut d’être celui d’une personne seule. Il est cependant le fruit de longs mois de travail, et de multiples rencontres, qui excluent de s’asseoir simplement dessus sans plus d’égard. Qu’en retient FRANCeXP ?

L’influence de la France dans le monde est une bonne chose pour la France, bien sûr, mais aussi pour le monde, dès lors que cette présence, son rayonnement, desserrent l’étau du modèle dominant, écrasant du légendaire « pragmatisme » anglo-saxon et des quelques autres sphères d’influence existantes ou montantes. Il y a un autre monde que celui du toujours moins d’Etat ou de puissance publique, du fédéralisme, de l’industrialisation et de  la massification à outrance jusqu’à l’absurde, un autre monde que le tout économique : la France, ses idées, ses modèles, son histoire et sa langue font partie de cet autre monde, et il est essentiel pour le monde, pour sa liberté et son avenir que le choix demeure. Et il ne s’agit pas seulement d’un choix offert aux autres pays, aux autres acteurs de la scène internationale : il s’agit aussi de maintenir ce choix sur notre propre territoire, dans nos propres villages, autour de nos propres églises, pour nos propres enfants. La patrie elle-même est en danger.  

 

Pour  que ce choix demeure, l’expertise internationale est un levier majeur d’influence au 21ème siècle, elle a remplacé la diplomatie de la canonnière et la mesure du degré d’influence au nombre de divisions qui prédominaient, peu ou prou, jusqu’à la fin de la guerre froide. Le maintien ou le développement de cette expertise repose sur deux piliers : élaboration et développement de l’offre d’une part, organisation et soutien aux experts d’autre part. IDEFIE se concentre sur l’élaboration et l’amélioration de l’offre, aussi bien en termes économiques qu’intellectuels. Nous avons choisi pour notre part de nous concentrer sur la situation des experts. Les deux démarches sont complémentaires et nullement concurrentes, et l’une n’a de raison d’être que si l’autre est menée en parallèle.

Voilà pour la philosophie ; quant au texte du rapport lui-même, nous en retenons d’abord qu’il est effectivement balancé entre ces deux piliers : organisation de l’offre/situation des experts. Sur les soixante propositions qu’il contient, la moitié à peu près relève de chacun des deux piliers évoqués, puisque nous avons relevé presque 29 propositions relevant de la situation des experts, le reste relevant de l’organisation de l’offre et de la coordination générale des politiques publiques (voir par ailleurs : « extraits pertinents du rapport Tenzer ». Pour le reste, on peut discuter ici ou là de la pertinence de telle ou telle mesure, de l’absence d’autres idées ou de l’équilibre relatif des propositions. Mais nous nous associons à la plupart des mesures proposées, qui sont sous-tendues par une idée force : pour développer l’expertise et la présence internationale, il est indispensable de disposer d’experts internationaux qualifiés, motivés, en nombre, et facilement mobilisables. Et cela ne doit plus être le résultat d’un hasard guidé avec plus ou moins de bonheur, mais doit être le résultat d’une action volontaire et rationnelle.

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